Chasseur d’orignal ; Baissez le «TON»

Chasseur d’orignal ; Baissez le «TON»

Depuis environ 7 ans, les chasseurs d’orignaux ont remarqué que les orignaux ne répondaient presque plus. Je suis guide de chasse et je passe plus de 6 semaines chaque automne à poursuivre les orignaux dans différents secteurs du Québec. J’ai remarqué moi aussi que les orignaux étaient beaucoup moins bavards qu’autrefois. J’ai la chance de partager mes observations avec d’autres guides professionnels chaque saison. Cette chance me permet de valider mes hypothèses avec de nombreuses constatations provenant de tous les coins du Québec.

Avez-vous remarqué que de bons chasseurs et guides n’ont plus d’aussi bons résultats qu’avant? Vous n’avez qu’à fouiller un peu sur les profils des réseaux sociaux de ceux que vous connaissez pour constater qu’un grand nombre ne publient plus de photos de récolte depuis plusieurs saisons. Les guides et les chasseurs qui ont continué à récolter régulièrement de belles bêtes sont ceux qui se sont ajustés aux nouvelles réalités.

Avant de vous expliquer ce que sont les nouvelles réalités, il est bon que vous sachiez ce qui doit se produire pour que la situation change.

Depuis plus de 25 ans, les chasseurs ont été formés par de nombreux bons formateurs de chasse à l’orignal. Les chasseurs d’aujourd’hui, grâce aux caméras de surveillance, ont appris à aller solliciter les orignaux à l’intérieur même de ce que j’appelle leurs maisons. Un autre facteur est la facilité avec laquelle les chasseurs d’aujourd’hui s’orientent en forêt. Les GPS et même plus récemment ‘’Avenza Map’’ ont permis aux chasseurs de s’éloigner des chemins et des sentiers sans avoir peur de se perdre en forêt.

Finalement le dernier facteur le plus important selon moi est que pratiquement tous les chasseurs d’aujourd’hui appellent (câllent) l’orignal ; soit en imitant les vocalises des orignaux avec leur voix ou avec un appeau électronique. Autrefois, avant la venue des appeaux électroniques, environ un chasseur sur cinq osait le faire. La résultante est que les orignaux d’aujourd’hui sont sur-sollicités et comme ils sont des proies, ils ont appris à se la ‘’fermer’’.  De nos jours, les orignaux doutent trop souvent de la véracité des appels entendus. Les chasseurs câllent trop.

Voilà pourquoi, aujourd’hui, il ne faut plus appeler à fort volume, parce quà chaque fois qu’un orignal entend un appel à fort volume, il doute. Un orignal qui doute ne répond pas et ne bouge pas.

Lors de mes formations sur le terrain, je donne la consigne suivante : Avant de commencer vos journées de chasse, prenez le temps d’écouter la nature quelques minutes. Si la nature est silencieuse, faites comme elle. Si vous entendez des orignaux, faites comme eux. Si par chance vous entendez une ou des femelles se lamenter, dites-vous que vous pouvez pousser légèrement vos appels à plus fort volume.

Dans tous les cas, de nos jours, il est préférable d’en faire un peu moins que d’être bruyant. N’essayez pas de vous convaincre ou de convaincre un ami qui vous accompagne, par de beaux et bruyants appels, mais essayez plutôt de convaincre les orignaux par des sons et des appels plus subtils.

Nous sommes rendus là les amis.

 

Article de Charles Dorris

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